OIM - Mobilité climatique, droits et résilience en Afrique de 2026

OIM - Organización Internacional para las Migraciones

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Detalles

Título
OIM - Mobilité climatique, droits et résilience en Afrique de 2026
Autor
OIM - Organización Internacional para las Migraciones
Categoría
Doctrina
Área del derecho
Migratorio
Año
2026

MOBILITÉ CLIMATIQUE, DROITS

ET RÉSILIENCE EN AFRIQUE

COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES

D'ORIENTATION DE L'OIM-RRMCA

OIM

ONU MIGRATION

Climate Mobility Africa Research Network Réseau de Recherche sur la Mobilité Climatique en AfriqueLes opinions exprimées dans cette publication sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement celles de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les désignations employées et la presentation des documents tout au long de l’ouvrage n’impliquent pas l’expression, par l’OIM, d’une quelconque opinion quant au statut juridique d’un pays, d’un territoire, d’une ville ou d’une zone, ou de ses autorités, ou concernant ses frontières ou ses limites. L’OIM est attachée au principe selon lequel des migrations ordonnées et respectueuses de la dignité humaine sont bénéfiques aux migrants et à la société. En tant qu’organisation intergouvernementale, l’OIM agit avec ses partenaires de la communauté internationale pour aider à résoudre les problèmes opérationnels que pose la migration ; favoriser la compréhension des questions migratoires ; encourager le développement économique et social par la migration ; et préserver la dignité humaine et le bien-être des migrants. Cette publication a été possible grâce au soutien financier du Ministère des affaires étrangères du Danemark, dans le cadre du Programme de données sur le changement climatique et les migrations. Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement l’opinions du Danemark. Cette publication a été publiée sans avoir fait l’objet d’une édition officielle par l’OIM. Cette publication n’a pas été traduite par le Service de

exprimées ici sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement l’opinions du Danemark. Cette publication a été publiée sans avoir fait l’objet d’une édition officielle par l’OIM. Cette publication n’a pas été traduite par le Service de traduction de l’OIM. Certains de ces articles sont des traductions non officielles de l’anglais vers le français.

Citation requise : Organisation internationale pour les migrations (OIM), 2026. Mobilité climatique, droits et résilience en Afrique. Collection spéciale de notes d’orientation de l’OIM-RRMCA. OIM, Geneva.

ISBN 978-92-9278-127-9 (PDF) | © OIM 2026

Certains droits réservés. Cet ouvrage est mis à disposition au titre de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Pas de modification 3.0 Organisations intergouvernementales (CC BY-NC-ND 3.0 IGO). Pour plus de détails, voir la section Droit d’auteur et conditions d’utilisation. Le présent ouvrage ne doit pas être utilisé, publié ou rediffusé dans l’intention première d’en obtenir un avantage commercial ou une compensation financière, sauf à des fins éducatives, par exemple, aux fins de son intégration dans un manuel.

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PUB2026/058/R IOMPublications IOMPublications publications.iom.int Plateforme de publication de l’OIM Organisation internationale pour les migrations 17 route des Morillons C.P. 17 1211 Genève 19

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ET RÉSILIENCE EN AFRIQUE

COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES

D'ORIENTATION DE L'OIM-RRMCA

MINISTRY OF FOREIGN AFFAIRS

OF DENMARK

CCMD Climate Mobility Africa Research Network Réseau de Recherche sur la Mobilité Climatique en Afrique OIM ONU MIGRATIONINFORMATIONS ÉDITORIALES Rédacteurs de la revue Christina Daszkiewicz (OIM) Pablo Rojas Coppari (OIM) Micaela Lincango (OIM) Auteurs Ademola Jegede (Université du Venda / RRMCA) Aondowase Targba (Université Fédérale de Gusau / RRMCA) Paola Crisci (Université de Naples « L’Orientale ») Ana Ruiz Verdugo (Université Carlos III de Madrid) Iddrisu Amadu (Université de Wageningen) Ingrid Boas (Université de Wageningen) Nana Kweigyah (Association des propriétaires de canoës et d’engins de pêche du Ghana) Simon R. Bush (Université de Wageningen) Baltazar Atangana (RRMCA) Damigou Kombate (Université de Kara) Damlane Langare (Université de Kara) Marcel T shibangu T shibangu (Réseau Yali RDC) Virgile Gbeffan (Université d’Abomey-Calavi) Zaharandine Ba-Ladani (Université d’Abomey-Calavi)

Damlane Langare (Université de Kara) Marcel T shibangu T shibangu (Réseau Yali RDC) Virgile Gbeffan (Université d’Abomey-Calavi) Zaharandine Ba-Ladani (Université d’Abomey-Calavi) Bendjedid Rachad Sanoussi (Université d’AbomeyCalavi) Césaire Yéniko Kodjo Sonou (Université d’AbomeyCalavi) Évaluateurs Nicholas Bishop (OIM) Aondowase Targba (Université fédérale de Gusau) Hugo Brandam (OIM) Lorenzo Guadagno (OIM) Chiara Scissa (Université de Bologne) Oluwatoyin Adejonwo (Université de Birmingham City) Sinziana Puscas (OIM) Alice Baillat (Centre de suivi des déplacements internes) Elhadji Moustapha Seck (Centre de suivi des déplacements internes) Sokhna SY (OIM) Yodit Fitigu (OIM) Nicodemus Nyandiko (Université Masinde Muliro des sciences et des technologies) Christopher Richter (OIM) Adrian Kitimbo (OIM) Alina Narusova-Schmitz (Consultante indépendante) Thabo Ndlovu (University of the Free State) Stine Laursen (OIM) Elizabeth Griesmer (OIM)TABLE DES MATIÈRES 1 9 19 29 42 49 58 67

77COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA

1 INTRODUCTION 1 Les termes « Sud » et « Nord » sont utilisés comme des raccourcis pratiques, tout en reconnaissant qu’il s’agit de termes contestés et imparfaits. Les spécialistes des migrations ont souligné l’absence d’une définition universellement

1 INTRODUCTION 1 Les termes « Sud » et « Nord » sont utilisés comme des raccourcis pratiques, tout en reconnaissant qu’il s’agit de termes contestés et imparfaits. Les spécialistes des migrations ont souligné l’absence d’une définition universellement acceptée pour la catégorie de pays et de régions que chaque terme vise à englober, ainsi que le risque que ces termes masquent d’importantes différences historiques, politiques, économiques et sociales entre les pays et les régions. La mobilité climatique est devenue un enjeu politique majeur partout dans le monde, et en particulier en Afrique, où les changements environnementaux se conjuguent avec les pressions démographiques, les dynamiques de développement et les contraintes de gouvernance. Pour faire face à ces dynamiques, il faut non seulement des cadres politiques plus solides, mais aussi une production de connaissances plus inclusive et applicable à la stratégie politique, ainsi qu’une collaboration entre les milieux de la recherche et le monde politique. Dans ce contexte, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Réseau de recherche sur la mobilité climatique en Afrique (RRMCA) contribuent aux efforts en cours visant à renforcer les réponses fondées sur des données probantes et adaptées au contexte en matière de mobilité climatique. Ces contributions comprennent la promotion d’une recherche inclusive, le soutien à la production de connaissances sous conduite africaine et le renforcement des liens entre chercheurs et décideurs politiques. Ce recueil spécial se situe à la croisée de ces efforts. Il rassemble des contributions axées sur les politiques qui portent sur les développements récents de la recherche et de la gouvernance en matière de mobilité climatique en Afrique, tout en renforçant les liens

Ce recueil spécial se situe à la croisée de ces efforts. Il rassemble des contributions axées sur les politiques qui portent sur les développements récents de la recherche et de la gouvernance en matière de mobilité climatique en Afrique, tout en renforçant les liens entre la recherche et l’élaboration des politiques. Ce faisant, il s’inscrit également dans les cadres institutionnels, collaboratifs et politiques plus larges qui façonnent les réponses à la mobilité climatique à travers le continent. En tant que principale organisation intergouvernementale sur la migration, l’OIM reconnaît depuis longtemps que le renforcement de la recherche mondiale sur les migrations est essentiel pour favoriser l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Forte de ce constat, l’OIM s’est engagée dans deux axes de travail complémentaires : un soutien durable à la recherche sur les migrations dans les pays du Sud 1 et des initiatives ciblées visant à autonomiser les chercheurs en début de carrière à travers le monde. Ces deux initiatives s’inscrivent dans le cadre du mandat plus large de l’OIM, qui consiste à promouvoir une production de connaissances équilibrée, inclusive et applicable à la stratégie politique dans un domaine historiquement dominé par les institutions du Nord. La contribution de l’OIM à la recherche sur les migrations dans les pays du Sud est particulièrement visible à travers ses publications phares et ses plateformes de recherche. Le rapport État de la migration dans le monde, publication la plus lue de l’OIM, met délibérément en avant l’expertise des pays du Sud en intégrant des coéditeurs et auteursCOLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA

2 principaux issus d’institutions de ces pays. Les éditions récentes comprenaient des contributions de chercheurs tels que le Dr Pablo Ceriani Cernadas (Université nationale de Lanús, Argentine) et le Dr Binod Khadria (Université Jawaharlal Nehru, Inde), dont les perspectives contribuent à garantir le reflet de la diversité des réalités régionales dans les analyses mondiales. Le rapport État de la migration dans le monde comprend également des chapitres thématiques et régionaux rédigés par des chercheurs de divers horizons, apportant ainsi des données localisées et des cadres théoriques aux débats mondiaux. Cette approche permet de remédier aux déséquilibres de longue date dans la production de connaissances sur les migrations et garantit que les discussions politiques s’appuient sur les contextes les plus touchés par les dynamiques de mobilité. De même, la revue Migration Policy Practice (Pratiques en matière de politique migratoire), publiée par l’OIM, offre une plateforme accessible et soumise à un comité de lecture pour une recherche orientée vers l’action, qui s’adresse aux praticiens, aux décideurs politiques et aux universitaires du monde entier. Les parcours et spécialités de l’équipe éditoriale de Migration Policy Practice couvrent les domaines du milieu universitaire, de la politique et de la pratique, et l’équipe est composée de représentants de l’OIM et d’institutions du Sud. La revue encourage les soumissions portant sur les nouvelles tendances migratoires, les innovations méthodologiques et les ambitions politiques cohérentes pour les pays à revenu intermédiaire et faible revenu. En rendant tous ses numéros librement accessibles en ligne, Migration Policy Practice accroît la visibilité de la recherche du Sud et favorise un accès équitable à la connaissance.

revenu intermédiaire et faible revenu. En rendant tous ses numéros librement accessibles en ligne, Migration Policy Practice accroît la visibilité de la recherche du Sud et favorise un accès équitable à la connaissance. Parallèlement à ces efforts, l’OIM investit dans les chercheurs en début de carrière, reconnaissant que l’avenir de la recherche sur les migrations dépend de la promotion de nouvelles voix capables d’influencer les débats politiques et universitaires. Grâce à des initiatives telles que des bourses de recherche compétitives, des programmes de mentorat, des formations méthodologiques et un soutien aux réseaux de recherche, l’OIM aide les chercheurs en début de carrière à surmonter les obstacles structurels liés au financement, à l’accès aux publications et à la visibilité internationale. Ces efforts revêtent une importance particulière dans des domaines tels que la mobilité climatique, où les approches interdisciplinaires et les données probantes, ancrées dans le contexte, sont essentielles. Des initiatives comme le Climate Change and Migration Data Programme (Programme de données sur le changement climatique et les migrations) de l’OIM, financé par le ministère danois des Affaires étrangères, aident également les chercheurs en début de carrière et ceux issus des pays du Sud à mener des recherches originales, à publier leurs résultats et à dialoguer directement avec les décideurs politiques. Ces deux volets de soutien se renforcent mutuellement. En valorisant la recherche issue des pays du Sud et en donnant les moyens d’agir aux chercheurs émergents, l’OIM contribue à la création d’une base de données d’observation plus inclusive et représentative sur les migrations mondiales. Cet investissement renforce la capacité des

issue des pays du Sud et en donnant les moyens d’agir aux chercheurs émergents, l’OIM contribue à la création d’une base de données d’observation plus inclusive et représentative sur les migrations mondiales. Cet investissement renforce la capacité des États, des communautés et des réseaux régionaux à répondre aux défis changeants de la mobilité grâce à des politiques fondées sur des perspectives diverses et une recherche empirique solide.COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA 3 S’appuyant sur ces efforts visant à promouvoir une production de connaissances inclusive et applicable à la stratégie politique, la collaboration entre les réseaux de recherche et les acteurs politiques est devenue de plus en plus importante dans le domaine de la mobilité climatique. De nombreux chercheurs et acteurs du secteur des données travaillent à la croisée des thèmes de la migration et des changements climatiques et environnementaux. Le nombre d’acteurs dans ce domaine a augmenté ces dernières années, et cette augmentation a été mise en évidence par la création de plusieurs réseaux de recherche indépendants et complémentaires consacrés aux migrations environnementales, dont : South American Network for Environmental Migrations (Réseau sud-américain sur les migrations environnementales), depuis 2010 ; Nordic Network on Climate Related Displacement and Mobility (Réseau nordique sur les déplacements et la mobilité liés au climat), depuis 2019 ; le RRMCA, depuis 2021 ; et Environment and Climate Mobilities Network (Réseau sur l’environnement et les mobilités climatiques), depuis 2023. Au sein de ce paysage de réseaux en pleine évolution, le RRMCA est unique parmi les acteurs promouvant la recherche et la collaboration sur la mobilité climatique en Afrique, en ce qu’il est dirigé

réseaux en pleine évolution, le RRMCA est unique parmi les acteurs promouvant la recherche et la collaboration sur la mobilité climatique en Afrique, en ce qu’il est dirigé par des Africains et situé en Afrique. Le RRMCA a été créé en 2021, à la suite d’une série d’ateliers virtuels consacrés à l’élaboration d’un programme de recherche et d’action visant à traiter les déplacements et les migrations dans le contexte des catastrophes et du changement climatique en Afrique. Cette série d’ateliers à l’échelle du continent a été organisée en collaboration avec le Kaldor Centre for International Refugee Law (Centre pour le droit international des réfugiés) de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, ainsi qu’avec l’OIM, la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Ces ateliers avaient pour objectif de repérer les besoins et lacunes en matière de recherche en ce qui concerne les migrations environnementales, les déplacements liés aux catastrophes et les relocalisations planifiées en Afrique, à élaborer un programme de recherche pour l’Afrique2, à contribuer à la formulation de recommandations politiques pour l’Afrique et à développer des réseaux en vue d’une collaboration continue sur cette question. Le RRMCA s’est imposé comme la suite logique de ce processus, tout comme la collaboration qui s’en est suivie entre le RRMCA et l’OIM. Le RRMCA et l’OIM travaillent ensemble depuis 2021 pour favoriser la collaboration entre chercheurs et experts en politiques, dans le but de soutenir l’élaboration de lois et de politiques fondées sur des données probantes en matière de déplacement et de 2 Kaldor Centre for International Refugee Law et al., “Research agenda for advancing law and policy responses

entre chercheurs et experts en politiques, dans le but de soutenir l’élaboration de lois et de politiques fondées sur des données probantes en matière de déplacement et de 2 Kaldor Centre for International Refugee Law et al., “Research agenda for advancing law and policy responses to displacement and migration in the context of disasters and climate change in Africa: outcome of the virtual workshop series on developing a research and policy agenda for addressing displacement and migration in the context of disasters and climate change in Africa” (Programme de recherche visant à faire évoluer les réponses juridiques et politiques aux déplacements et migrations dans le contexte des catastrophes et du changement climatique en Afrique : résultats de la série d’ateliers virtuels consacrés à l’élaboration d’un programme de recherche et d’action pour lutter contre les déplacements et migrations dans le contexte des catastrophes et du changement climatique en Afrique) (novembre 2021).COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA 4 migration dans le contexte des catastrophes et du changement climatique, ainsi que leur mise en œuvre (conformément à l’objectif du RRMCA). Bien que cette collaboration ait pris différentes formes, elle se concrétise en 2026 à travers ce recueil spécial de notes d’orientation conjointes, publié à l’occasion de cet anniversaire et soutenu par le Programme de données sur le changement climatique et les migrations. Depuis la création du RRMCA il y a cinq ans et la publication de son programme de recherche et de ses 15 recommandations, non seulement le paysage des réseaux a évolué, mais aussi celui de la recherche, des politiques et du financement. Le présent recueil vise à aborder certains de ces changements et, surtout, la signature de la Déclaration de Kampala sur la migration, l’environnement et le changement climatique, ainsi que son

mais aussi celui de la recherche, des politiques et du financement. Le présent recueil vise à aborder certains de ces changements et, surtout, la signature de la Déclaration de Kampala sur la migration, l’environnement et le changement climatique, ainsi que son extension et sa mise en œuvre. La mobilité climatique est devenue l’un des enjeux de gouvernance les plus urgents en Afrique, façonnée par l’interaction entre les changements environnementaux, la croissance démographique et la vulnérabilité socioéconomique 3. La hausse des températures, les sécheresses, les inondations, la désertification et la dégradation de l’environnement perturbent les moyens de subsistance, le logement, la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau, contraignant de nombreuses personnes à se déplacer en quête de sécurité et de survie4. La mobilité climatique en Afrique recouvre un large éventail de situations, notamment les déplacements forcés, la migration comme stratégie d’adaptation, la relocalisation planifiée et l’immobilité. Ces situations sont influencées par les moyens de subsistance en milieu rural, l’urbanisation, la démographie et la gouvernance, et la mobilité climatique recoupe les agendas de paix, de sécurité et de développement à travers le continent. En Afrique, comme ailleurs, les personnes migrent rarement uniquement à cause du climat. Cependant, le changement climatique exacerbe les vulnérabilités existantes et affecte la résilience. Dans de nombreux cas, la migration sert de stratégie de subsistance et de gestion des risques, permettant aux ménages de diversifier leurs revenus et de s’adapter aux facteurs de stress environnementaux. L’ampleur et la complexité de la mobilité climatique sont étroitement liées à des

gestion des risques, permettant aux ménages de diversifier leurs revenus et de s’adapter aux facteurs de stress environnementaux. L’ampleur et la complexité de la mobilité climatique sont étroitement liées à des dynamiques de développement plus larges. On estime à 62,2 millions le nombre de déplacements internes survenus dans le monde en 2025, dont 29,9 millions étaient dus à des catastrophes5. Ces mouvements liés aux catastrophes sont de plus en plus souvent provoqués par des aléas climatiques, souvent de courte durée mais récurrents, ce qui contribue à une vulnérabilité prolongée et à des déplacements répétés. 3 Walter Kälin, “Conceptualising climate-induced displacement” (Conceptualisation des déplacements liés au changement climatique). In: Climate Change and Displacement: Multidisciplinary Perspectives (Oxford, Hart, 2010). 4 Cheikh Mbow et al., “Food security” (Sécurité alimentaire). In: Changement climatique et terres émergées (Rapport spécial du GIEC sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres, 2019). 5 Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), « Résumé - Rapport mondial sur le déplacement

interne 2026 » (2026).COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA

5 En Afrique, la mobilité est principalement locale et intrarégionale. Environ 25 millions d’Africains vivaient dans un autre pays africain en 2024, ce qui reflète de forts schémas de mobilité régionale façonnés par la proximité, les liens économiques et les dynamiques

d’Africains vivaient dans un autre pays africain en 2024, ce qui reflète de forts schémas de mobilité régionale façonnés par la proximité, les liens économiques et les dynamiques de déplacement6. Ces schémas soulignent que la plupart des mouvements liés au climat ont lieu à l’intérieur des frontières nationales ou entre pays voisins, réaffirmant ainsi l’importance d’apporter des réponses régionales et locales. Dans le même temps, la migration reste un élément central du paysage du développement en Afrique. La migration contribue aux marchés du travail, aux moyens de subsistance et à la résilience économique, tandis que l’envoi de fonds apporte un soutien essentiel aux ménages et sert de tampon contre les chocs climatiques et économiques. En ce sens, la migration peut fonctionner non seulement comme un mécanisme d’adaptation, mais aussi comme un atout de développement qui soutient la résilience et l’adaptation. Cependant, des défis importants persistent. Les lacunes en matière de données et la faiblesse des systèmes d’information limitent la capacité à suivre les tendances en matière de mobilité climatique, tandis que les réponses politiques sont souvent fragmentées. Dans certains cas, les approches continuent de privilégier la limitation de la mobilité plutôt que de faciliter des déplacements sûrs, ordonnés et dignes. Pour relever ces défis, il est nécessaire d’intégrer la mobilité climatique dans diverses politiques régionales et nationales, notamment les Plans nationaux d’adaptation, les Contributions déterminées au niveau national et les mesures relatives aux pertes et préjudices. En outre, une coordination intersectorielle est nécessaire entre les acteurs de l’environnement, des migrations et de la protection sociale, ainsi que des investissements dans les systèmes de

au niveau national et les mesures relatives aux pertes et préjudices. En outre, une coordination intersectorielle est nécessaire entre les acteurs de l’environnement, des migrations et de la protection sociale, ainsi que des investissements dans les systèmes de données africains, la coopération régionale et les réseaux de recherche. Il est primordial de renforcer les liens pour favoriser, à travers le continent, des réponses à la mobilité climatique qui soient fondées sur des données d’observation, inclusives et orientées vers le développement. Pour relever les défis liés à la mobilité climatique, les États africains ont élaboré des cadres juridiques et politiques continentaux et régionaux visant à protéger les populations touchées et à orienter l’action des États, formant ainsi un réseau de politiques et de lois complémentaires. Parmi ceux-ci, deux des plus importants sont la Convention de Kampala sur les déplacements internes 7 et la Déclaration ministérielle de Kampala sur la migration, l’environnement et le changement climatique8. La Convention de Kampala est le traité contraignant de l’Afrique en matière de déplacement interne. Elle revêt une importance particulière car elle reconnaît que les déplacements peuvent résulter non seulement de conflits, mais aussi de catastrophes, 6 Marie McAuliffe and Pablo Ceriani Cernadas (dir. publ.), « La migration et les migrants : aspects régionaux et faits nouveaux à l’échelle régionale » (Genève, IOM, 2026). 7 Union africaine, « Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en

Afrique (Convention de Kampala) » (23 octobre 2009). 8 Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), « Déclaration ministérielle de Kampala sur la migration, l’environnement et le changement climatique » (29 juillet 2022).COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA 6 du changement climatique et des liens avec la dégradation de l’environnement 9. La Convention de Kampala oblige les États à prévenir les déplacements arbitraires, à réduire au minimum les causes de déplacement et à protéger et aider les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays 10. Elle exige également des États qu’ils mettent en œuvre des mesures de réduction des risques, des systèmes d’alerte précoce, des consultations préalables au déplacement et une évaluation des conséquences pour les relocalisations planifiées11. Elle met surtout l’accent sur des solutions durables telles que le retour, l’intégration locale ou la relocalisation dans des conditions de sécurité, de dignité et sur la base du volontariat12. La Déclaration ministérielle de Kampala sur la migration, l’environnement et le changement climatique fournit un cadre politique complémentaire. Contrairement à la Convention de Kampala, il ne s’agit pas d’un traité contraignant. Elle revêt toutefois une importance capitale, car elle élargit le débat, qui ne porte plus uniquement sur les déplacements, mais sur la relation plus large entre le changement climatique, la mobilité et le développement13. Elle encourage les États africains à intégrer la mobilité climatique dans leurs Plans nationaux d’adaptation, leurs stratégies de développement, leurs programmes de réduction des risques de catastrophe et leurs cadres de coopération

et le développement13. Elle encourage les États africains à intégrer la mobilité climatique dans leurs Plans nationaux d’adaptation, leurs stratégies de développement, leurs programmes de réduction des risques de catastrophe et leurs cadres de coopération régionale14. Elle souligne également la nécessité de réponses inclusives, tenant compte des questions de genre et sensibles aux vulnérabilités, en particulier pour les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées et autres groupes marginalisés15. L’attention portée à ces instruments a contribué à faire évoluer la perception de la mobilité climatique, qui n’est plus considérée uniquement comme une urgence humanitaire, mais comme une question de développement, de droits humains et de gouvernance 16. La mise en œuvre de ces instruments a donné lieu à de bonnes pratiques : les institutions régionales africaines ont réussi à définir la mobilité climatique comme une question à la fois de droits humains et de développement, allant ainsi au9 Union africaine, « Convention de Kampala », articles 4 4) et 5 4). 10 Union africaine, « Convention de Kampala », articles 3 1), 4 1) à 5) et 5) à 9). 11 Union africaine, « Convention de Kampala », articles 4 2), 5 4) et 10 2). 12 Union africaine, « Convention de Kampala », article 11 2). 13 Walter Kälin and Hannah Entwisle Chapuisat, Breaking the Impasse: Reducing Protracted Internal Displacement as a Collective Outcome (Sortir de l’impasse : la réduction du déplacement interne prolongé comme résultat collectif), (New York, Bureau des Nations Unies de la coordination des affaires humanitaires, 2017) ; Marie McAuliffe et Binod

Collective Outcome (Sortir de l’impasse : la réduction du déplacement interne prolongé comme résultat collectif), (New York, Bureau des Nations Unies de la coordination des affaires humanitaires, 2017) ; Marie McAuliffe et Binod Khadria (dir. publ.), État de la migration dans le monde 2020 (Genève, IOM, 2019). 14 IGAD, « Déclaration ministérielle de Kampala », article 9. 15 IGAD, « Déclaration ministérielle de Kampala », préambule. 16 Chaloka Beyani, “A view from inside the kitchen of the Kampala Convention: the modernisation of the international legal regime for the protection of internally displaced persons” (Aperçu des coulisses de la Convention de Kampala : la modernisation du régime juridique international pour la protection des personnes déplacées internes), (London School of Economics Legal Studies, document de travail n° 17, 2020) ; Robert Stojanov et al., “Climate mobility and development cooperation” (Mobilité climatique et coopération pour le développement), Population and Environment, vol. 43, pp. 209–231 (2021).COLLECTION SPÉCIALE DE NOTES D’ORIENTATION DE L’OIM-RRMCA 7 delà des réponses purement humanitaires17; des organisations telles que l’Union africaine, l’IGAD et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour n’en citer que quelques-unes, ont encouragé la coopération et la coordination régionales en matière de gestion des catastrophes et de gouvernance des migrations ; et un certain nombre d’États africains a adopté des législations et des politiques nationales conformes à la Convention de Kampala, améliorant ainsi les répons

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